ENSEMBLE, STOPPONS LE PROCESSUS D’AUTODESTRUCTON EN COURS CONTRE L’HUMANITÉ ET LA PLANÈTE
Quelle que soit notre nationalité ou nos croyances, nous faisons partie d’une “société globale” partageant les mêmes aspirations à vivre en paix et dans la dignité sur une planète préservée. Internet nous offre l’opportunité de rassembler les forces disparates de cette communauté informelle en un contre-pouvoir supranational capable de contenir les forces brutales et inconséquentes de la mondialisation et d’initier des changements durables du plan local au plan global.

 2019  AMORCER UNE GLOBALISATION DE LA DÉMOCRATIE


  LE 'GLOBAL PANEL'


NOUS, CITOYENS DE TOUTES LES NATIONS, DÉCIDONS DE NOTRE FUTUR COMMUN

Un panel international représentatif de la population mondiale s'exprimera sur les grandes questions d'intérêt commun. Cette vox populi planétaire favorisera l'accés au pouvoir d'une nouvelle génération politique et accélérera les réformes et les régulations internationales durables que chacun(e) espère et attend.

 




LE DOGME NÉOLIBÉRAL RÈGNE SUR LE MONDE DE MANIÈRE QUASI-TOTALITAIRE


Quel que soit le pays, les partis politiques au pouvoir n'ont plus de prises sur les problématiques et les crises du XXIème siècle devenues pour la plupart planétaires. Ce sont bel et bien les acteurs de la mondialisation qui façonnent les conditions de vie de l'humanité dans son ensemble. Suivant la doctrine de Ronald Reagan et Margaret Thatcher pour lesquels "l'état c'est l'ennemi" et "il n'y a pas d'alternative" à la dérégulation des marchés, les états n'assument plus leurs fonctions régulatrice et redistributrice au service du plus grand nombre. Aujourd'hui, un seul discours est infligé aux peuples du monde entier par les économistes orthodoxes qui règnent en maîtres sur la politique et les affaires. L'unique objectif est de rendre les pays "attractifs aux investisseurs internationaux", seule condition selon eux pour pour relancer la croissance et l'emploi. Avec comme loi commune d'innover et de réduire de manière stratégique le coût du travail. À cette aune-là, les hommes sont devenus de simple éléments de compétitivité jamais assez flexibles, toujours trop payés. L'ultime horizon néolibéral étant un pays où les salariés travaillent sans répit, sans minimum de salaire, sans syndicats, sans protections sociales, corvéables et jetables à merci, un pays où les règles de l’OIT sur le travail, où les normes éthiques et environnementales ne sont pas respectées, un pays où les forces de police sont entièrement au service des multinationales pour réprimer avec la plus grande violence les manifestations et autres révoltes populaires aux quatre coins du monde. Ce monde absurde et inhumain tend à être le nôtre.


LES DÉMOCRATIES SERVANTES DES GRANDS GROUPES AU DÉTRIMENT DES CITOYENS ET DE L'INTÉRÊT GÉNÉRAL

Aujourd'hui, les acteurs du marché exercent une influence politique déterminante au coeur des démocraties. Loin de répondre aux aspirations des citoyens, les élus des nations défendent les intérêts des groupes mondialisés et de leurs puissants lobbies au prétexte que ces derniers seraient les moteurs de la croissance et de l'emploi dans le monde. Cette approche restrictive de l'économie mondiale est sans fondement. Ce sont les entreprises familiales et l'artisanat qui créent -et de très loin- le plus grand nombre d'emplois dans le monde. Pour autant, ce sont les multinationales qui dictent aux élus des nations les lois du commerce international tandis que les marchés orientent les politiques publiques en faveur des détenteurs de capitaux. Longue est la liste les personnalités issues des plus hautes fonctions publiques qui "pantouflent" grâce à leur précieux carnet d'adresse au sein du Conseil d'administration des multinationales. Le processus des "revolving doors" est généralisé. Les deux cas emblêmatiques étant celui de Gerhard Schröder recruté par le groupe Gazprom et de Juan-Manuel Barroso entré chez Goldmann Sachs en 2016. Qui oserait affirmer que toute la carrière de l'ancien président de la Commission européenne n'a pas favorisé les intérêts des banques et des multinationales? Le fait est là. Le refus d'un élu à une demande émanant d'un lobby industriel ou bancaire dissipe toute perspective d'être reclassé avantageusement dans le privé. On comprend mieux la pusillanimité des représentants des nations -au sein de l'Union européenne comme aux États-Unis et ailleurs- à faire prévaloir l'intérêt général et la protection des écosystèmes sur celui des firmes et des investisseurs. La consanguinité entre les dirigeants politiques, les hauts-fonctionnaires et les grands groupes est bel et bien ce qui bloque toute réforme.

Problème s'il en est, les valeurs cupides, guerrières et inconséquentes des acteurs de la mondialisation sont contraires à celles des démocraties -la dignité humaine, une liberté responsable, la justice sociale, la paix, la coopération... Une telle inversion des valeurs inscrites au coeur des constitutions des nations touche également les médias, qu'ils soient la propriété des grands groupes ou financés par leur publicité. L'enseignement supérieur s'est également mis au service du marché pour fournir les cadres du développement. Les futures élites de la politique et des affaires sont ainsi formatées en faveur de cette vision économique productiviste, déshumanisée, aux effets dévastateurs pour les sociétés humaines et la planète. Le fait est qu'une usine qui s'implante dans une région induit une forte coopération entre élus et investisseurs du fait des emplois créés et des taxes générées. Quel maire, quel président de région oserait émettre la moindre réticence sur des effets pervers éventuels sur la santé publique ou l'environnement?  Du fait de cette connivence, les pratiques répréhensibles de nombreuses industries -depuis l'essence au plomb et l'amiante il y a près d'un siècle jusqu'au génocide perpétré par les cigarettiers sans oublier les diverses atteintes à la santé publique par l'agroalimentaire, la chimie, etc ni les crimes environnementaux- ne sont pas régulées ni sanctionnées comme elles devraient l'être. Face aux malversations ou aux scandales qui éclatent régulièrement ici et là dans le monde, les industries coupables mettent en pratique depuis des lustres une même stratégie qui retarde de plusieurs années, voire des décennies la résolution du problème. Premier temps, la firme dissimule ses propres études démontrant certains effets dangereux du produit à commercialiser. Les experts des agences de mise sur le marché au plan national, européen ou au sein de l'OMS -majoritairement liés aux industries- accordent leur autorisation sur la foi des études des entreprises. Deuxième temps, semer le doute. Lorsque des études indépendantes révèlent la dangerosité du produit, des experts liés eux aussi aux entreprises produisent d'épais rapports mettant en doute le lien de cause à effet entre la firme et les préjudices constatés. Dans le même temps, la firme utilise de très gros moyens pour dénigrer les études des experts indépendants, voire salir leur réputation. Quatrième phase, face aux catastrophes de diverses natures, des bataillons d'avocats minimisent, négocient à la baisse ou refusent tout simplement de réparer. Dernier acte, une fois la dangerosité ou la malversation clairement avérée, de volumineuses études d'impact démontrent aux décideurs politiques que toute régulation ou toute interdiction provoquerait un séisme économique chiffré de manière aussi impressionnante que fantaisiste en dizaines de milliers de pertes d'emplois, en milliards de dollars ou d'euros et en points de croissance. C'est ainsi que depuis les débuts de l'ère industrielle, les personnes, l'environnement et l'intérêt général passent largement après les intérêts à court terme des grandes firmes. La mainmise des grandes firmes sur les gouvernements et la priorité de leurs intérêts sur la volonté des citoyens a été clairement démontrée aux États-Unis par l'étude publiée en 2014 des professeurs d'université Martin Gilens et Benjamin Page. Sur 1800 objectifs politiques étudiés, c'est l'élite économique qui décide. Le nombre de cas où ce sont les ciroyens est proche de zéro.

 

UN AVENIR ÉCRIT D'AVANCE SI N'ÉMERGE PAS LE CONTRE-POUVOIR DE LA SOCIÉTÉ CIVILE INTERNATIONALE


Si la même trajectoire néolibérale se poursuit, l’avenir est aisément prévisible. Une fois la planète pillée de toutes ses ressources, les climats très gravement altérés, les sols stérilisés par une agro-chimie incontrôlée, les nappes phréatiques polluées, les forêts déboisées, les océans acidifiés et vidés du dernier poisson, les multinationales proposeront des technologies aussi coûteuses qu'inefficaces pour restaurer les écosystèmes en sollicitant d’importantes aides publiques. En désespoir de cause, elles sauront faire miroiter l'opportunité de puiser de nouvelles richesses sur Mars. Une manière de percevoir une fois encore de colossales subventions. Ce faisant, une infime élite dirigeante en politique, dans les affaires ou les hautes administrations vivront dans leus bulles sécurisées, jouissant de tout ce qui manque à l'humanité. Pendant ce temps, le monde poursuivra sa folle course vers un chaos global mêlant crises économiques, krachs financiers, révoltes sociales au quatre coins du monde,montée des fascismes ultranationalistes et fondamentalistes, tensions géopolitiques et guerres de grande amplitude, catastrophes naturelles en séries, explosion des migrations de survie...

 

L'EXIGENCE DE CONTRE-POUVOIRS: L'ÉMERGENCE D'UNE VOX POPULI PLANÉTAIRE


Tout pouvoir a besoin de contre-pouvoirs pour éviter des abus. Privées aujourd'hui de contre-pouvoirs régulateurs, les forces colossales de la mondialisation abusent de leur pouvoir absolu au risque de propulser le monde vers un chaos global à l'horizon de quelques générations seulement. La seule façon de constituer de puissants contre-pouvoirs est d'en appeler directement aux citoyens.

 


SUITE EN COURS DE COMPOSITION


Commençons par un cas d'école, le tabac. Les cigarettiers tuent plus de 6 millions de personnes chaque année dans le monde. Précisons que l'objet n'est pas ici d'empêcher les gens de fumer ni de prohiber l'industrie du tabac mais de mettre en oeuvre un programme international multi-stratégique pour retarder autant que faire se peut la première cigarette et diminuer la mortalité et les tragiques conséquences liées au tabac. Une fois connue, la méthode proposée sera aisée à mettre en oeuvre.

Un groupe d'experts indépendants au sein du Conseil de la société civile recensera tout d'abord les préconisations déjà émises à travers le monde (i.e. éliminer du tabac les composants reconnus cancérigènes et ceux provoquant l'addiction immédiate à la première cigarette, interdiction de la publicité, interdiction pour les firmes d'offrir des cigarettes près des écoles, dans les clubs et autres endroits fréquentés par la jeunesse, surfiscalisation des cigarettes au profit des hôpitaux, responsabilité pénale des contrevenants, amendes colossales non  négociables en cas d'infraction, etc).

Les régulations internationales pourront dès lors être soumises aux votes d'un panel de diverses nationalités représentatif de la population mondiale en âge de voter.  Une fois relayés sur Internet et repris pas les médias, les votes majoritaires seront traduits par des directives internationales impossibles à mettre en oeuvre jusqu'ici. L'application des directives sera contrôlée par les réseaux associatifs et les ONG d'intérêt public. Les whistleblowers -lanceurs d'alerte- seront récompensés pour leur action au service des causes d'intérêt général. La peur du gendarme étant le débit de la sagesse, parions que les cigarettiers souhaiteront éviter la responsabilité pénale et les lourdes sanctions financières et que les investisseurs internationaux seront incités à s'orienter vers des secteurs d'avenir durables sous-fiscalisés ou subventionnés.

Autre exemple concernant les lanceurs d'alerte que nous avons évoqué.


 


En l'absence d'un organe de gouvernance mondiale gestionnaire des questions globales, la société civile composée des citoyens des nations et des organisations d'intérêt commun a le devoir de s'organiser en force d'opposition et de proposition pour formuler des solutions équitables et responsables du plan local au plan global. Internet connecte aujourd'hui plus de deux milliards d'individus. À l'horizon 2020, une part significative de ces internautes s'exprimera sur les grandes questions d'intérêt public mondial. Cette vox populi planétaire favorisera l'accés au pouvoir d'une nouvelle génération politique et accélérera les réformes et les régulations internationales durables que chacun(e) espère et attend.

Une manière pour la politique de reprendre la maîtrise de la mondialisation et  d'envoyer un signal fort au marché.

 

 

 

S O M M A I R E


        Préambule    - L'ESPRIT DES DÉMOCRATIES

         - UNE EXPÉRIENCE D'EXPRESSION PUBLIQUE INTERNATIONALE


Développements

     - UN DÉNI GÉNÉRAL DE DÉMOCRATIE

     - LA VOCATION POLITIQUE D'INTERNET


Pour conclure... 


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 P r é a m b u l e


         L ' E S P R I T   D E S  D É M O C R A T I E S


     LES CITOYENS(NES) DOIVENT S'EXPRIMER EN PLEINE CONNAISSANCE DE CAUSE


Dans “Demain, qui gouvernera le monde”(Fayard), Jacques Attali propose une cyberdémocratie où des milliards d'internautes exprimeraient leurs aspirations sur le site "www.etatsgenerauxdelaplanete", tel un cahier des doléances planétaire.  Si l'idée de ce brillant essayiste a le mérite d'anticiper la vocation politique d'Internet, il est peu envisageable de faire voter des milliards de personnes sur des problèmes mondiaux d'une extrême complexité, sans compter les risques de cyberfraudes à une telle échelle. À cet égard, les citoyens des nations ont besoin d'aide pour comprendre ce monde en mutation et choisir telle ou telle option socio-économique, telle ou telle politique environnementale, telle ou telle approche dans le domaine scientifique ou technologique. 

C'est pour leur permettre de s'exprimer en connaissance de cause qu'interviendra un groupe de personnalités et d'experts reconnues pour leur éthique et incarnant une part de la sagesse et des savoirs de l'humanité. Indépendantes des partis politiques et des groupes privés, ces personnes de diverses disciplines travailleront dans un contexte collégial sur une douzaine de questions mondiales d'intérêt commun, notamment sur la manière de réguler la mondialisation économico-financière, le commerce équitable, la fermeture des paradis fiscaux, les subventions à l'agrobiologie au niveau mondial, le désarmement nucléaire et la reconversion rapide des industries d'armement, la création d'un revenu d'existence approprié et, plus largement,  les régles assurant la liberté d'entreprendre et de commercer dans le strict respect des personnes et de l'environnement. La vocation de ce Conseil mondial de la société civile  sera d'élaborer un ensemble de réformes, de règles et de régulations internationales permettant de mettre un terme à ce système productiviste insoutenable et d'opérer un changement de cap à la fois équitable et responsable au regard des générations présentes et futures.

 

UNE EXPÉRIENCE D'EXPRESSION PUBLIQUE INTERNATIONALE

Dessinons à grands traits les prémices d'une démocratie supranationale. Il ne s'agirait plus de grandes campagnes électorales aux budgets colossaux financés par des milliardaires et des groupes industriels et bancaires, mais de votes électroniques accessibles à tout-un-chacun concernant les préconisations du Conseil mondial de la société civile. Un premier corps de votants serait composé d'une sélection d'organisations d'intérêt public s'exprimant sur les différentes propositions réformistes du Conseil. Ces organisations ayant une connaissance approfondie des problèmes, leurs choix majoritaires seront dans tous les cas réalistes et réalisables. (Nous donnons une première liste de ces organisations d'intérêt public in MOBILISATION GÉNÉRALE POUR NOTRE FUTUR COMMUN)

Pour ajouter une légitimité populaire, un panel représentatif de la population mondiale adulte s'exprimerait à son tour sur les préconisations du Conseil. Étudiées de manière approfondies à l'écart du tumulte de la vie politicienne, les propositions du Conseil de la société cvile votées à une double majorité seront de précieuses bases réformistes pour les dirigeants des nations.


Si cet exercice global de la démocratie ne se substitue pas à l'action des gouvernements au plan national, il constitue indéniablement une précieuse aide à la politique en se hissant un niveau planétaire des problèmes posés. Qui plus est, la centaine de membres du Conseil de la société civile travaillant sur le principe de la gratuité et le dépouillement des votes se faisant électroniquement, un tel système fonctionnera à un coût marginal pour la gestion des panels de votants. Qui plus est, des réseaux d'associations et d'ONG seraient assermentés par les états pour effectuer à très faibles coûts également la surveillance de l'application des nouvelles règles internationales.

 

L'HEURE DU CHOIX

Cette vision de la démocratie à l'ère de la mondialisation est aujourd'hui en concurrence avec d'autres. Notamment celle d'un gouvernement mondial promu depuis trois ans par l'ancien directeur de l'OMC, Pascal Lamy. Celui-ci se prononce en faveur d'un organe de gouvernance mondiale à trois composantes. Le leadership politique serait assuré par le G20. Des stuctures telles l'OMC et le FMI définiraient les règles. L'ONU offrirait sa caution morale en garante des principes éthiques et de l'intérêt général.

La menace est réelle de voir surgir un nouveau monstre technocratique au service des acteurs du marché. L'UE offre déjà le parfait exemple d'un pouvoir coupé des citoyens où des hauts-fonctionnaires anonymes et non élus élaborent les choix socio-économiques pendant que des parlementaires sous influence votent des législations prérédigées par les lobbies industriels ou bancaires.

D'autres initiatives de démocratie mondiale fleurissent à travers le monde. Au sein du Collegium International éthique et politique cocréé par Stéphane Hessel, l'ancien Premier ministre français Michel Rocard souhaite que l'ONU soit le pilier d'un futur gouvernement mondial.

Par ailleurs, la Fondation Léopold Meyer au sein de laquelle le politologue suisse Jean Rossiaud anime le Forum pour une nouvelle gouvenance mondiale jette les bases d'un futur état mondial. De son côté, Shimri Zameret est le Program Officer de l'initiative Building Global Democracy au sein de l'université Warwick en Angleterre. Aux Etats-Unis, Douglas Schuler, professeur au Evergreen College de l'état de Washington dessine les contours d'un World Citizen Parliament. Les initiateurs de  DEMOCRACY 2.0  proposent quant à eux "une manière légale simple de mettre le pouvoir dans les mains du peuple". Une autre voie digne d'intérêt est celle duWWV(World Wide Views) qui promeut une délibération citoyenne mondiale.  Face à la mondialisation des marchés, des technologies et des problématiques planétaires, l'objectif du WWV est de mettre le citoyen au cœur des débats à l'échelle mondiale. L'expérience a été conduite en 2009 sur le réchauffement climatique, en 2012 sur la biodiversité et en 2015, à l'occasion du COP21 où 10.000 personnes de 78 pays se sont exprimés sur les diverses questions traitées par les négociateurs officiels.


Le réseau 'Global Society Network' s'inspire de ces initiatives. Toutefois, prenant acte de la nécessité d'un programme clairement défini pour fédérer autour de valeurs, de mesures concrètes et d'un agenda, le Conseil mondial de la société civile jouera le rôle de laboratoire d'idées et de projets fixant le bon cap et soumettant les stratégies d'action aux citoyens de toutes les nations via leurs panels représentatifs.
Au stade critique où se trouve le monde, l'expérience mérite d'être tentée pour combler le vide politique et institutionnel actuel. Une expérience politique -au sens élevé du terme- sans chef ni idéologie, basée sur des valeurs partagées, sur les compétences des membres du Conseil de la société civile, sur le  bon sens et une élémentaire humanité. Et si, comme toute oeuvre humaine, cette manière innovante de faire de la politique à l'ère du numérique ne sera pas parfaite, si le monde ne sera jamais idéal aux yeux de tous, du moins sera-t-il réorienté dans la bonne voie pour éviter le chaos vers lequel nous propulse à grande vitesse ceux qui président aujourd'hui aux destinées de l'humanité à la tête des états et des institutions mondiales du commerce et du crédit à l'aune d'une idéologie dérégulatrice et productiviste aussi brutale qu'irresponsable.

Soutenir ce type de démarche novatrice d'intérêt public mondial est un impératif éthique et politique pour fermer une fois pour toutes la parenthèse barbare de cette globalisation sans âme ni sens et donner jour à une mondialisation de deuxième génération couplée à d'autres formes d'économie durables du plan local au plan global. Une nécessité pour assurer à la pérennité des civilisations sur une planète habitable au-delà de quelques générations seulement. Rejoindre le mouvement mondial 3.0  est un premier geste concret à haute valeur symbolique pour faire de la société civile une actrice influente de la vie publique internationale et le moteur d'un changement de cap durable.

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D é v e l o p p e m e n t s


UN DÉNI GÉNÉRAL DE DÉMOCRATIE

 

L'innovation politique est en panne sèche. Les démocraties fonctionnent encore comme aux siècles passés lorsque la mondialisation et les technologies numériques n'existaient pas. De fait,  quel que soit le pays, les démocraties n'incarnent plus la volonté majoritaire des citoyens. Qu'on en juge à travers plusieurs exemples édifiants à travers le monde.

L'opinion mondiale s’oppose à plus de 70% à l’influence politique des grands groupes sur les démocraties. Citons des commentaires des auteurs du sondage  GlobeScan-PIPA"In nearly every country, large majorities agreed that big companies have too much influence over national governments. On average, 73 % agreed with this statement. In several countries people were especially emphatic, with large percentages saying that they strongly agreed with this statement -Mexico (88% agree), the United States (85% agree), and Spain (84% agree)."   Malgré ce, les démocraties sont plus que jamais sous l'emprise des grandes compagnies et de leurs lobbies.

Dans le domaine de l'environnement, le sondage "Harris Interactive Survey  of February 23rd 2007" révèle que 81% des anglais et 82% des américains soutiennent le principe du "pollueur-payeur". Malgré ce, toutes les compagnies reconnues coupables de détériorations environnementales parviennent à échapper à leurs responsabilités. Si la société BP responsable de la catastrophe du Golfe du Mexique devra payer 14 milliards de dollars, cela représente le bénéfice de la seule année 2014, sans commune mesure avec les détériorations environnementales et des dédommagements dûs aux riverains commerçants en général et aux sociétés de pêche et particuliers.

Dans ce même sondage, les citoyens de toutes les nations souhaitent que les entreprises prennent soigneusement en compte l’environnement. Dans le domaine des climats, 75% des Américains et plus de 80% en Europe affirment que les hommes politiques n’en font pas assez pour faire face au défi du réchauffement climatique. De plus, 81% des personnes interrogées en Italie, 78% en France et en Espagne, 75% en Allemagne, 73% aux USA et 69% en Angleterre pensent que le gouvernement de leur pays n’en fait pas assez pour informer les personnes des mesures qu’elles peuvent prendre pour protéger l’environnement. Encore plus encourageant, une large majorité d’américains souhaite que leur gouvernement "combatte le changement climatique même si les autres pays ne le font pas." 

Dans l'enquête publiée par le  "Center for American Progress" sur les changements climatiques, nous livrons quelques réponses attestant du sens des responsabilités et du goodwill d'une très forte majorité d'américains (Cf. page 18 de l'enquête). "70% of american people consider global warming as a national issue priority. 85% support for regulation of CO2 as a pollutant. 90% support for requiring automakers to increase fuel-efficiency to 45 mpg even if it means a new vehicle will cost up to $1,000 more to buy. 75% support for signing an international treaty to reduce greenhouse gas emissions.

Le dernier pourcentage est particulièrement révélateur. Contrairement aux Congressmen de Washington qui refusent traditionnellement de lier l'Amérique à tout traité international, le peuple américain pense majoritairement que dans le domaine de l'environnement, les mesures doivent être prises dans un cadre international pour produire de réels effets. Ils sont encore 67% à souhaiter que le gouvernement s'engage dans la réduction des gaz à effets de serre "regardless of what other countries do", indépendamment des actions des autres pays.

Il en serait de même sur d'autres grands sujets d'intérêt commun. Qu'il s'agisse d'une taxation internationale à un taux "rooseveltien" de 80% pour les très hauts revenus, d'une répartition plus équitable entre les revenus des activités professionnelles et ceux du capital, de la traçabilité des transactions financières internationales, de la cessation des activités des centres financiers continentaux et offshores -les fameux paradis fiscaux-, du financement de la politique ou d'autres domaines touchant à l'économie, à la finance, au travail ou à la sécurité sociale, les américains, à l'instar des citoyens des autres nations, appelleraient à l'institution de régulations et de règles internationales.

Ignorant superbement la volonté des citoyens, les dirigeants du G20 en général et de l'Amérique en pariculier, arbitrent régulièrement en faveur des intérêts industriels à court terme au prétexte de "sauver les jobs", en réalité pour préserver la profitabilité de ces firmes. Le président Obama a même accordé en juillet 2015 à la société Shell le droit d'exploiter le pétrole dans les régions polaires, droit Shell a refusé en septembre 2015 sous la pession  des mouvements écologistes.

Ces enquêtes d'opinion datent de l’année précédant le krach de Wall Street de 2008. Avec l'aggravation de la situation climatique et le constat que depuis huit ans les gouvernements ont préservé les trous noirs de la finance tout en faisant mine de les combattre (Cf. les révélations des Panama Papers), les citoyens de toutes les nations sont déinitivement convaincus qu'ils ne sont plus représentés et que l'intérêt général n'est plus défendus pas les partis politiques au pouvoir.


Ce sentiment est conforté par l'action des gouvernements dans le domaine des OGM. Un sondage du New York Times réalisé en 2013 indique  "Three-quarters of Americans expressed concern about genetically modified organisms in their food, with most of them worried about the effects on people's health." Cela signifie que 75% des américans expriment des préoccupations sur les OGM dans leur nourriture et des effets potentiels sur la santé. Une immense majorité à travers le monde partage la même position. Et bien que tous les peuples exigent un étiquetage clair mentionnant la présence même infime d'OGM dans les produits alimentaires, les responsables du commerce au sein de l'UE et du G20 s'activent pour enrayer cette demande supposée pénaliser les échanges et la croissance. Reprenant en bloc les conclusions "d'études d'impact" biaisées réalisées par les multinationales de la filière, les responsables et les hauts-fonctionnaires affirment que toute régulation générerait une destruction massive d'emplois. Tout progrès est ainsi stoppé -ou retardé autant que faire se peut- par les dirigeants des nations pour satisfaire les firmes et leur quête de profitabilité et de valorisation actionnariale. Un sommet a été atteint par Barack Obama qui promulgua en 2013 un amendement qualifié de Monsanto Potection Act dont l'article 735 ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM, quels que soient les effets sur l'environnement ou la santé. 

Le cas des armes à feu aux USA illustre d'une autre manière l'art de dénier la volonté majoritaire. Après la fusillade de Newtown aux États-Unis au cours de laquelle vingt enfants et si adultes avaient été tués en décembre 2012, un projet de loi visant à empêcher les délinquants et déséquilibrés de se procurer des armes d'occasion dans les foires et sur Internet était soutenu par 85% des américains. Pour autant, cette loi n'a pas été adoptée en avril 2013. En effet, le lobby des armes à feu incarné par la puissante National Rifle Association acheta les voix de nombeux sénateurs tout en menaçant ceux qui voteraient la loi de conduire des campagnes télévisées contre eux lors des élections à venir. Voici comment fonctionne la grande démocratie américaine sur un sujet qui met en péril la vie des jeunes dans les écoles depuis le massacre de Columbine, multiplie les assassinats dans le pays, sans compter les meurtres commis chaque année par des enfants en bas-âge dans le cadre familial.

Si elles restent préférables aux dictatures, les démocraties victimes de telles dérives ont largement perdu en attractivité à travers le monde.


Il revient aux citoyens de réagir pour reprendre leur destin en main. C’est désormais possible grâce à Internet et à la capacité de ce média de se rassembler des dizaines, voire des centaines de millions de personnes au-delà des structures politiques traditionnelles. À cet égard,  la société civile doit prendre conscience de sa communauté de destin et d'intérêts et s'organiser en force d'opposition et de propositions pour tracer les voies d’un changement durable. D'ores et déjà les pétitions Avaaz, Amnesty, Change.org, Greenpeace, etc réunissent sut tel ou tel sujet d'intérêt public mondial suffisamment de signatures pour influencer les décisions politique. Fin 2010 et au printemps 2011, Internet et Twitter se sont avérées de redoutables armes capables de faire tomber des régimes impopulaires en Tunisie et en Égypte. De leur côté, les fondamentalistes islamistes utilisent massivement Internet pour leur propagande.

Il faut aller plus loin pour défendre de justes causes. À présent la Toile doit devenir le siège d'un contre-pouvoir transnational à cette mondialisation productiviste sous l'emprise de groupes géants et des marchés financiers. Celles et ceux qui pensent que le marché mondialisé exige un cadre régulateur pour ne pas s'autodétruire et détruire nos sources de vie doivent pouvoir exprimer leurs opinions. Internet permet de faire entendre haut et fort les demandes et les propositions de la société civile mondiale issues des votes électroniques évoqués ci-dessus. De leur côté, les hommes politiques progressistes ont le plus grand besoin d'une société civile active et participative pour les soutenir face aux partis officiels qui alternent au pouvoir pour conduire les mêmes politiques désastreuses.


Pour conclure... 

L'heure n'est pas à la passivité, à la résignation ou au scepticisme. Il est temps d'utiliser nos ordinateurs, smartphones et autres tablettes pour mondialiser les résistances autour de propositions partagées. Oui, il est possible de rassembler celles et ceux qui aspirent à vivre en paix et dans la dignité sur une planète préservée. C’est dans ce combat commun pour la dignité des personnes, le progrès social et la protection de l'environnement que se trouvent les clefs d’un monde équitable géré de manière responsable. Un préalable nécessaire pour désamorcer les violences civiles, les affrontements intercommunautaires, les guerres et ouvrir enfin un avenir à nos enfants.

 

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